IV - KEO : UN CADEAU ARCHÉOLOGIQUE POUR NOS LOINTAINS DESCENDANTS

 

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Imaginons la surprise, l¡¯int¨¦r¨ºt et la curiosit¨¦ que nous aurions ¨¤ recevoir des habitants des grottes de Lascaux par exemple des messages d¨¦taill¨¦s, individuels qui outre les fresques qu¡¯ils nous ont l¨¦gu¨¦es, nous donneraient ¨¤ connaître leurs mœurs, leurs façons de vivre, leurs angoisses, leurs horizons m¨¦taphysiques ...

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Imaginons ce qu¡¯ils pourraient nous dire de leur relation avec les N¨¦anderthaliens : amis ? ennemis ? Avec leurs cong¨¦n¨¨res ? Entraide ou guerre ?

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Imaginons que nous ayons des r¨¦ponses ¨¤ la question du pourquoi dans le fond des grottes ¨¦prouvaient-ils le besoin (?) la n¨¦cessit¨¦ (?) de repr¨¦senter les sc¨¨nes qui nous sont parvenues aujourd¡¯hui ... Et qui ¨¦taient ceux-l¨¤ m¨ºme qui les r¨¦alisaient : des pr¨ºtres, des artistes ¨¦gar¨¦s ou illumin¨¦s ?

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Imaginons encore qu¡¯ils nous aient adress¨¦ l¡¯¨¦tendue de leur vocabulaire.

Imaginons qu¡¯ils nous aient expliqu¨¦ ce que signifiait pour eux aimer et sous quelle forme ils le vivaient... Imaginons encore qu¡¯ils nous aient expliqu¨¦ les r¨¨gles de leurs soci¨¦t¨¦s, les finalit¨¦s (peut-¨ºtre ) de leur vie ... leur relation ¨¤ la Nature ... leurs peurs aussi, ...

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Imaginons maintenant la surprise pour nos lointains descendants de recevoir, comme un « cadeau d¨¦di¨¦ » tous les messages des femmes, hommes et enfants de notre plan¨¨te ¡­ qu¡¯ils rentrent dans la diversit¨¦ de nos mœurs, de nos cultures... de celles des pigm¨¦s et de leurs fl¨¨ches par exemple ¨¤ celle des hommes aux t¨¦l¨¦phones portables, de nos religions animistes ou monoth¨¦istes ; ... qu¡¯ils entreprennent d¡¯¨¦tudier les textes de nos lois, des accords du Gatt et l¡¯¨¦tat des lieux de nos savoirs, ...

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Imaginons aussi que l¡¯endroit le plus sûr pour stocker et leur faire parvenir tous nos messages ¨¦tait bien l¡¯espace (ce qui de fait est accept¨¦ sur le plan scientifique).

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Imaginons aussi, alors que jusqu¡¯¨¤ pr¨¦sent, seuls les puissants (Pharaons, riches marchands, juristes, hommes de foi, po¨¨tes...) nous ont l¨¦gu¨¦ sur les frontispices le fruit de leur pens¨¦e, que nous puissions avoir le t¨¦moignage des 100 000 hommes qui, nous dit H¨¦rodote, ont construit la Grande Pyramide, ou des simples soldats qui constituaient les hordes de Gengis Khan ... Notre regard sur l¡¯Histoire serait sans doute boulevers¨¦ ...

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Alors, imaginons nos descendants, ¨¦mus peut-¨ºtre, impatients sans doute, ¨¦blouis certainement ¨¤ l¡¯id¨¦e que tous les hommes d¡¯aujourd¡¯hui aient ¨¦t¨¦ invit¨¦s ¨¤ disposer d¡¯un m¨ºme espace de libert¨¦ pour leur adresser ... comme une carte postale, comme une missive, comme un souvenir d¡¯eux-m¨ºmes, un simple t¨¦moignage ...

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A l¡¯¨¦vidence, par KEO nous faisons ¨¤ nos lointains petits-enfants un cadeau d¡¯amiti¨¦ posthume certes, mais oserions-nous dire, d¡¯amour aussi.

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Avec quelle curiosit¨¦ nos lointains descendants prendront-ils connaissance de nos messages ? Y retrouveront-ils leurs racines ? Se reconnaîtront-il en nous ? Quelle plan¨¨te leur aurons-nous l¨¦gu¨¦e ? Dans 50 000 ans, nos civilisations technologiques auront-elles perdur¨¦ ? Nous ne pouvons le pr¨¦dire.

Combien de temps mettront-ils pour d¨¦coder nos disques de verre ? Nous ne pouvons le pr¨¦voir.

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La seule certitude est que la dimension de KEO est v¨¦ritablement historique, et que chacun est invit¨¦ gracieusement ¨¤ y participer, comme ¨¤ une grande f¨ºte, marquant son appartenance ¨¤ l¡¯esp¨¨ce humaine.

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